dimanche 10 août 2014

Les architectes se retrouvent à Nikko


Nous avions initialement prévu 2 jours à Nikko. Sans pour autant consulter la météo nous avons réduit le séjour à 1 journée, celle du 10 août. Et quelle journée ! Lever trop tôt comme d’hab, nous fonçons à la gare pour attraper notre Shinkansen. Mais pas sans petit dej. Les racines du café au Japon ne sont pas bien profondes comme on peut l’imaginer ; c’est ici qu’intervient un repère important de la mondialisation en voyage… les cafés Starbucks. On peut certes déplorer l’uniformisation des goûts, il en est certains auxquels on peut se raccrocher comme à une petite balise. C’est le cas du Starbucks. Et quand le goût local n’existe pas vraiment et qu’on trouve des boutiques jusqu’au pied des quais de gare, il devient rapidement un incontournable.

Un café roulant et 2 heures plus loin, nous arrivons à Nikko. La gare a été dessinée par Frank Lloyd Wright dans les années 50. FLW est considérée comme l'un des plus grands archis du XXeme siècle jusque là, rien de nouveau. Mais par quel processus s'est il retrouvé choisi, quelques années seulement après Hiroshima, pour dessiner la gare d’une ville fondée au VIIIeme siècle et qui fut plus de 250 ans le centre du Japon autour du XVeme siècle. Vaines recherches sur internet ce soir, mais l’idée nous plait bien et nous imaginons que Wright a dû bien s’appliquer. 

L’accueil en gare de Nikko est fait, comme souvent ici, par les seniors de la ville qui arborent un blouson jaune. Notre aidant est très agréable, attentionné et précis. Sa casquette Coq Sportif est barrée d’un gros FRANCE. Bien sûr qu'il est déjà venu chez nous. Son truc c’est le golf. Il retire sa casquette et nous montre fièrement des élastiques de coté destinés à tenir ses tees. Il pose de bonne grâce pour nous et pour sa ville. Sayonara !

C’est à ce moment que la pluie du typhon décide de visiter elle aussi Nikko. En quelques heures, le pluviomètre de papy Guy aurait été bon à vider plusieurs fois. 

Un déluge d’eau tiède s’abbat sur la ville (voir aussi la photo du billet 'Udon et Typhon' par Hugo ce même jour). Nous nous réfugions dans un café peu agréable pour décider de l’évolution de nos plans. Nous ferons finalement à peu près comme s’il n’avait pas plu. What else ?

Pluie torrentielle ou pas, la visite des sites historiques de Nikko vaut clairement le détour. L’atmosphère d’intense humidité nous pousse à oublier nos pieds pour le reste de la journée. La seule pompe qui vaille aujourd’hui, c’est la tong. 


Le site historique est perché en haut d’une colline boisée de cèdres magnifiques. La montée à contre courant des eaux de ruissellement se fait par des escaliers qu'on monte modestement 1 à 1: le Shogun bâtisseur Iemitsu Togukawa ne connaissait pas le nombre d'or en 1634. Bien sûr, avec du soleil ça aurait été mieux, mais nous ne ratons rien de la magie des lieux et nous évitons chaleur et moustiques. Pas si mal !


Il est temps de redescendre en ville. Le vent nous arrache un parapluie. Pas grave, mais il convient de s’abriter. Nous allons finir trempés comme des soupes. En rejoignant le centre ville, nous passons par le fameux pont de Nikko, en photo sur tous les livres, mais pas avec un tel torrent. Léo fonce devant à la recherche d’un abri ou d’un déjeuner, ou des deux.


Nous finissons par trouver le restau que notre guide recommandait pour y déguster un de ces délicieux okonomiyaki (billet du 4 août). 



La famille qui tient l’estaminet est à table, une ambiance chaleureuse empli le boui boui. La patronne nous indique qu’il faut attendre assez longtemps que la galette soit cuite 'tli minite'. Elle a dû voir sur le visage des garçons le rictus douloureux de la faim des grands jours. 


Acceptons-en l’augure : lever très tôt pour faire 2 heures de train afin de se faire rincer dru sous la pluie en visitant des temples et des mausolées mérite bien le repos du guerrier. Et Léonard se japonise en exploitant chaque instant de libre pour récupérer (ici sur les 20 minutes de train qui nous mènent à notre logement).

Le logement de ce soir justement est de ceux dont on se rappelle. En partant de Frank Lloyd Wright ce matin et des bâtisseurs du XVIeme, nous arrivons dans les maisonnettes désignées par l’agence Nikko Design (une agence dirigée par de jeunes archis qui tiennent aussi ces maisons qu’ils ont conçues 100% base tradi japonaise (tout en bois, pas de clim, ouvertures glissantes, tatamis…) et 100% modernes (salle de bain super bien faite, vitre de cuisine électrique, belle literie, wifi, air play intégré au plafond). 

Akira Kimura (photo) nous reçoit avec gentillesse et nous donne quelques indications. Il faut dire que ses maisons-hotel sont juste en face d’une gare minuscule à l’écart de Nikko (pour les connaisseurs des contrées vosgiennes, c’est la gare de bains en venant d'Epinal. Quand t'es pas du coin, et que tu descends du train la première fois tu penses que tu t’es trompé et quand tu vois que non tu espères qu’on va venir te chercher. 

Un savant croisement de la maison Prouvé, la traditionnelle japonaise et la maison en bois contemporaine. Je me lèverai super tôt demain pour aller avec Léo faire des photos des maisons au lever du jour. En attendant il n'y a rien faire ici que de dormir ou d'écrire des billets de blog une fois rentré de dîner.



Et pour le dîner, c’est Hugo qui raconte, voir son billet 'Udon contre Typhon'.
Pour l'album photo complet de la journée, c'est ici.

2 commentaires:

  1. Mis pourquoi toutes vos journées commencent-elles avec un Starbuck ?
    J'ai goûté une foi, le café était bon, mais j'ai vraiment du mal avec le goût du gobelet en papier...
    Signé : Vieux c... grincheux

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  2. Je te sens grincheux en effet, c'est la meteo ? Le matin de Nikko par exemple j'ai eu un Nescafé dans notre maison privée. Pas mieux. T'inquiete c'était juste pour parler des repères que l'on peut avoir loin de nos bases, ce n'est pas une religion. F

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